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Étude de l’Ademe menée en 2014 et réactualisée en 2017.

Panorama de la deuxième vie des produits en France. Réemploi et réutilisation. Ademe 2017

Résumé

L’actualisation 2017 du panorama de la deuxième vie des produits en France montre l’évolution globale des pratiques et des acteurs engagés depuis l’édition 2010 et pousse l’analyse via l’observation d’indicateurs quantitatifs depuis les éditions 2012 ou 2014 selon la disponibilité des données.
Historiquement menées entre particuliers à travers les brocantes ou vides-greniers et développées par les réseaux de structures de l’économie sociale et solidaire notamment pour offrir des produits à bas coûts pour des personnes en situation de précarité, les activités de deuxième vie des produits connaissent d’importantes transformations. L’offre s’est ainsi fortement développée en ligne depuis 2010 et les réseaux de structures locales, à l’image des revendeurs, continuent d’améliorer leurs services.
Les activités de réemploi et de réutilisation se développent depuis le premier panorama de 2010 avec un impact croissant sur les quantités de produits réemployés ou réutilisés (environ 700 000 tonnes en 2014 vs 753 000 tonnes en 2017 pour les biens de consommation courante).

Infographie Panorama de la deuxième vie des produits en France

Ce qu’on y apprend

"De manière générale, les structures ESS et associations caritatives continuent de jouer un rôle important dans les activités de la deuxième vie des produits et sont essentielles au développement du secteur sur les produits de consommation courante. En effet, les structures de réemploi et de réutilisation dans le secteur de l’ESS contribuent à la création d’emplois, à l’insertion professionnelle et la formation d’un nouveau métier tout en offrant une deuxième vie par la collecte et la vente de produits à bas coûts. Les associations caritatives ont quant à elles une vocation renforcée avec notamment le don à des publics très précaires, tout en proposant aussi des produits à bas coûts pour tout public."

"Seize pistes d’actions ont ainsi été formulées pour encourager la deuxième vie des produits, dont trois prioritaires :
- Simplifier la mise en relation entre l’offreur et le demandeur, simplifier les lieux et modes d’apport ou de recherche de biens d’occasion. Pour cela, comme en 2014, il est conseillé d’accompagner les structures physiques de la deuxième vie à développer une offre sur internet ;
- Prioriser la réutilisation vis-à-vis du recyclage. Des objectifs de réutilisation aux éco-organismes, distincts des objectifs de recyclage accompagnés de campagnes de communication auprès des consommateurs contribueraient à développer la deuxième vie des produits en France ;
- Favoriser la réparation pour contribuer au réemploi/réutilisation et à l’allongement de la durée de vie des produits, notamment par la promotion de l’écoconception des produits auprès des fabricants"

"Les recycleries sont particulièrement portées par les politiques locales, notamment au sein de réseaux liés aux collectivités comme le CNLRQ ou le réseau Amorce. Profitant des actions territoriales menées en faveur de la prévention et de la valorisation des déchets (programme de prévention, territoire Zéro Déchet Zéro Gaspillage, etc.), leur développement s’est amplifié grâce à la portée environnementale des activités de ces structures : à titre d’exemple, la taille du Réseau des Ressourceries a plus que doublé et le nombre d’ETP a triplé entre 2011 et 2015.
D’autre part, de nouveaux modèles se créent et s’installent durablement dans le paysage des acteurs de l’ESS : c’est le cas de l’Heureux Cyclage, réseau d’ateliers de réparation de vélo à vocation sociale. Son développement s’explique notamment par l’insertion de l’acteur sur un secteur d’activité où la concurrence est faible, sur le sujet fort et actuel qu’est celui des transports alternatifs à l’automobile."

"Par définition, les structures de l’ESS sont des acteurs dont la vocation première est la solidarité et l’utilité sociale. Ce principe s’observe dans les emplois engrangés par l’ESS, soit plus de 21000 ETP. Ainsi, l’ESS ne représente que 24% du secteur en termes de chiffre d’affaires, alors qu’elle représente 63% des emplois engrangés par les activités de la deuxième vie des biens ménagers : l’ESS endosse pleinement sa mission sociale et réussit à pérenniser son modèle dans un secteur en pleine évolution. "

"Les principaux freins et perspectives de développement des activités de la deuxième vie des produits issus des échanges avec les acteurs dans le cadre des entretiens menés et de l’analyse de l’équipe projet tout au long de l’étude sont résumés ici, ainsi que les éléments prospectifs de développement concernant certains acteurs et certaines typologies de produits.
[...]
Un système économique encore perfectible pour encourager la deuxième vie des produits :
- Une concurrence accrue des produits neufs bas de gamme qui nuit au marché de l’occasion ;
- Une offre de service souvent trop faible par rapport à celle du marché du neuf, qui limite la confiance du consommateur sur la qualité des produits d’occasion.
L’ESS, un modèle économique à vocation sociale freiné par des facteurs structurels et récurrents :
- Le prix et la disponibilité de locaux de taille suffisante sont les freins principaux au développement des activités des structures de l’ESS et à leur implantation stratégique au cœur de la demande (généralement plutôt dans les centres-villes) ;
- Certaines structures éprouvent des difficultés à trouver des techniciens formés capables de reconditionner ou réparer des produits de consommation courante ;
- La dépendance à un modèle d’emplois aidés limite le développement de certaines structures (plafonnement du nombre de CDDI par département)."


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