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Les mutations des modes de financement des ateliers vélos

Pierre Dégrange, étudiant en 2014 en Master Économie Sociale et Solidaire à l’Université Aix-Marseille, a réalisé une recherche sur les modes de financements des ateliers vélo.

Il attire l’attention des personnes dirigeant les ateliers vélos sur l’impact des mutations de ces modes de financement sur le projet associatif.

Voir ci-dessous pour un résumé de son mémoire, et ici pour son mémoire complet :

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Pierre Dégrange_Mutations des modes de financement des ateliers vélos

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Résumé

Les changements profonds dans les relations entre État et associations amènent à de véritables mutations des modes de financement avec en particulier la disparition progressive des subventions de fonctionnement. Cela impose aux structures associatives de tirer des revenus de leurs activités. Que leurs clients soient publics ou privés, la mise en concurrence et la généralisation des outils de pilotage issus de l’entreprise traditionnelle génèrent des phénomènes de professionnalisation. De plus, l’ensemble des études portant sur l’évolution des modes de financement soulèvent la question de l’impact de ces évolutions sur le projet associatif. En effet, comme le souligne Matthieu Hély dans son ouvrage « Les métamorphoses du monde associatif » cette professionnalisation demande aux parties prenantes de trouver un compromis entre rationalité instrumentale et rationalité en valeur.
L’étude réalisée auprès des ateliers vélo participatifs et solidaires révèle un secteur hétérogène et sensible aux dynamiques évoquées ci-dessus. Elle a permis de mettre en avant le fait que deux formes de professionnalisation existaient dans ces entreprises associatives : la salarisation et la marchandisation. En effet, il existe un certain nombre d’ateliers vélo dont les activités sont plutôt tournées vers l’extérieur, souvent financées par des dispositifs publics et qui recourent au salariat pour leur mise en œuvre. En parallèle, on trouve des ateliers dont le projet sert majoritairement leurs membres et où ces derniers participent largement à la réalisation des actions.
Ainsi, la recherche de nouvelles sources de financement ne consiste pas simplement à mettre en œuvre de nouvelles activités mais en fonction de la nature de ces ressources, qu’elles soient d’origine publique ou privée, et selon les bénéficiaires de ces nouvelles activités, ces nouveautés s’accompagneront d’une évolution de la culture de l’association, avec l’intégration de nouvelles pratiques et parfois de salariés amenant avec eux leur culture professionnelle. Les mutations subies par les ateliers et qui les conduisent à se professionnaliser, sont-elles alors en train de scinder cet espace associatif entre structures opératrices de politiques publiques et associations autocentrées ? On peut espérer qu’avec leur histoire ancrée dans l’éducation populaire, les ateliers vélo sauront faire émerger un nouveau compromis associatif pour conserver cette richesse de pratiques émanant du travail quotidien partagé entre salariés et bénévoles.